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Biographies Recensions

Philippe II

Éditeur ‏ : ‎ Perrin
Illustrated édition (8 avril 2021)
Langue ‏ : ‎ Français
Broché ‏ : ‎ 480 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 226207285X
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2262072858
Poids de l’article ‏ : ‎ 610 g
Dimensions ‏ : ‎ 15.5 x 3.2 x 24.1 cm

Avant la primauté de la France, avant la prépondérance anglaise… l’apogée du Siècle d’or espagnol, avec le roi Philippe II égal, en majesté et en puissance, à plus d’un siècle de distance, de notre Roi-Soleil. Francis Dupau raconte la lente maturation, dans l’accession au pouvoir, du fils de Charles-Quint. Souverain effacé, menant une vie simple, profondément religieux, d’un tempérament austère, Philippe II, loin d’avoir l’éclat d’un Louis XIV, parvint à faire de l’Espagne au XVI° siècle une nation à part. Cette singularité a longtemps été la marque de fabrique d’un pays qui, par l’étendue de son empire colonial, constituait une puissance à part. Ennemi des coups de théâtre, étranger aux modes, Philippe II conduisait son pays comme il gouvernait son for intérieur, tout en discrétion, soucieux de sa dignité et de celle de son pays, habité par la foi léguée du charbonnier. L’auteur met en avant la religiosité d’un roi qui cherchait à se rendre autonome de la papauté. Sur le plan du prestige, son règne a été grand et ce n’est pas un hasard si Fernand Braudel a écrit une vie du monde méditerranéen à l’époque de Philippe II. « … plus que le manque de ressources, c’est l’éparpillement des gigantesques ressources de l’empire dans la poursuite d’objectifs religieux et dynastiques mal définis, peu en rapport avec le bon gouvernement d’un empire, qui explique cet échec. »

Francis Dupau, Philippe II, Perrin, 2021, 478 pages, 25 €

L’extrait : « … plus que le manque de ressources, c’est l’éparpillement des gigantesques ressources de l’empire dans la poursuite d’objectifs religieux et dynastiques mal définis, peu en rapport avec le bon gouvernement d’un empire, qui explique cet échec. » (p. 425)

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Portraits Recensions

Laure Moulin

Éditeur ‏ : ‎ Perrin (7 janvier 2021)
Langue ‏ : ‎ Français
Broché ‏ : ‎ 330 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 2262047804
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2262047801
Poids de l’article ‏ : ‎ 400 g
Dimensions ‏ : ‎ 14 x 2.6 x 21 cm

Pourquoi faudrait-il toujours s’intéresser aux gens célèbres, aux gouvernants, à ceux qui font l’actualité ? Et ceux qui sont demeurés dans l’ombre, qu’en fait-on ? Laure Moulin a  vécu dans l’ombre de son frère Jean, le plus célèbre des résistants de la France occupée. Entre les soins à ses vieux parents, les voyages et les cours (elle était professeur d’anglais à Montpellier), elle aurait dû mener une existence bien ordinaire. Mais voilà, les événements en ont décidé autrement. Attachée indéfectiblement à la république, accablée de voir le pays occupé par les Allemands, elle ne réfléchit pas longtemps avant de prêter main forte à son frère Jean. Thomas Rabino donne l’occasion de saluer ce petit bout de femme, « résistante et sœur de héros ». Sa vie fut une vie donnée, une vie sacrifiée en grande partie à la mémoire de son illustre frère. Elle lui servit de secrétaire mais elle fut surtout celle à qui son frère se confiait. Quand on menait une vie si dangereuse, avec la Gestapo à vos trousses, avoir une confidente et une amie comme l’a été Laure était d’un grand secours.

Thomas Rabino, Laure Moulin, Perrin, 2021, 309 pages, 22 €

L’extrait : « L’icône que devint Jean Moulin à la suite de panthéonisation de 1964 a longtemps occulté aux yeux du grand public des pans entiers de la Résistance et une foule de personnalités, à commencer par celle sans laquelle Moulin n’aurait pu être le héros que l’on connaît. » (p. 15)

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Littérature Recensions

Dictionnaire des mafias et du crime organisé

Éditeur ‏ : ‎ Perrin (28 janvier 2021)
Langue ‏ : ‎ Français
Broché ‏ : ‎ 432 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 2262041156
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2262041151
Poids de l’article ‏ : ‎ 550 g
Dimensions ‏ : ‎ 14.1 x 6 x 21 cm

C’est un tour du monde de l’industrie du crime et de ses dérivés (trafics en tous genres, prostitution, etc.) auquel nous invite Philippe Di Folco. Avec toutefois une insistance mise sur l’installation de la mafia italienne dans le Nouveau Monde, celle qui a fait les beaux jours des films de Martin Scorcese (cf. Casino). A travers la biographie des personnages qui défilent, comme ceux de Lucky Luciano ou Meyer Lansky, apparaît la lutte implacable entre Irlandais et Italiens alliés à quelques juifs pour faire main basse sur l’économie souterraine (maisons de jeux, vente d’alcool, prostitution). Et lorsque ces groupes se font la guerre, on dénombre les morts par centaines, la fin dépassant de loin les moyens mis en œuvre. A noter, le coup de chapeau que l’auteur adresse aux autorités italiennes : « On accable beaucoup l’Italie comme étant ingérable, mais ce pays […] a su montrer un courage extraordinaire, un sens du sacrifice et du devoir pour restaurer l’Etat de droit et ce depuis l’assassinat du juge Falcone en 1992. » Bref, une somme complète sur un thème ô combien original et peu traité.

Philippe Di Folco, Dictionnaire des mafias et du crime organisé, Perrin, 2021, 427 pages, 24 €

L’extrait : « Par la force, Escobar reprend l’empire qui rapportait à Blanco en 1980 un milliard de dollars par an. La connaissance du maquis colombien et sa volonté d’être avec et pour le peuple constituent le principal atout d’Escobar et le point faible de la DEA. » (p. 143)

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Histoire Recensions

Les maréchaux de Staline

Éditeur : Perrin; Illustrated édition (21 janvier 2021)
Langue : Français
Broché : 600 pages
ISBN-10 : 2262085382
ISBN-13 : 978-2262085384
Poids de l’article : 760 g
Dimensions : 16.5 x 3.7 x 24 cm

Sur les 38 maréchaux que Staline a nommés, 15 sont présentés, figures très diverses allant des plus connus, comme Joukov et Koniev, aux plus obscurs comme Koulik ou Egorov. Quelles conclusions peut-on tirer de cette lecture passionnante ? Que la plupart de ces militaires ont connu la guerre civile, généralement combattant dans les rangs des armées rouges. Certains – Joukov et Chapochnikov – étaient des soldats du tsar. A la tête de leurs troupes, la plupart avaient peu de considération sur le bien-être et la vie du simple troupier. Il y avait les colériques, les irascibles qui, comme Joukov, n’hésitaient pas à frapper leurs subordonnés. Plus rares étaient ceux, comme Govorov, qui avaient le souci de la vie du soldat ou qui, comme Chapochnikov, possédaient les manières anachroniques propres à l’ancien monde. La venue du communisme a imposé une brutalisation qui a englobé l’ensemble de la société et l’Armée rouge n’y a pas échappé. Il n’était pas étonnant, dans ces conditions, de voir des maréchaux qui, tout en ayant le droit de vie et de mort sur des centaines de milliers d’hommes, trembler devant le maître du Kremlin, détenteur d’un pouvoir rarement vu dans l’histoire.

Jean Lopez & Lasha Otkhmezuri, Les maréchaux de Staline, Perrin, 2021, 534 pages, 25 €

L’extrait : « En infligeant des défaites à Vorochilov, Boudienny et Timochenko, les Allemands ont déblayé la route  pour Rokossovski, Koniev, Bagramian et Tcherniakhovski. » (p. 19)

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Littérature Recensions

Napoléon : dictionnaire historique

Éditeur : Perrin (3 septembre 2020)
Langue : Français
Broché : 1040 pages
ISBN-10 : 2262079161
ISBN-13 : 978-2262079161
Poids de l’article : 1.1 kg
Dimensions : 15.6 x 3.6 x 24.1 cm

Tout dire sur Napoléon et l’Empire relève de la gageure. Mais telle n’était pas l’ambition de l’auteur, lequel se contente, si l’on peut dire, de raconter Napoléon en quelque 250 fiches, certaines ayant la longueur d’articles couvrant trois à quatre pages. Le choix opéré est des plus éclectiques. De copieux articles sont consacrés à des questions assez inattendues comme le théâtre et la musique. Le rôle des frères et sœurs de Napoléon, via les biographies de Jérôme et Lucien, est bien mis en perspective. Celui des militaires également, comme celui des administrateurs, des diplomates et ainsi de suite. Bref, l’Empire de Napoléon, c’est un monde, un monde riche et foisonnant qui a jeté ses feux jusque dans le domaine de la mode et du mobilier. Au passage, T. Lentz tord le cou aux mauvaises langues faisant de Napoléon un dictateur, voire le prédécesseur d’un certain Adolf Hitler. Il est bon qu’une voix aussi sûre que celle de T. Lentz laisse entendre que « le pouvoir napoléonien, sans être ni libéral ni représentatif (au sens actuel), n’était pas exercé arbitrairement, mais en fonction de normes édictées précédemment. » (p. 263)

Thierry Lentz, Napoléon. Dictionnaire historique, Perrin, 2020, 997 pages, 29 €

L’extrait : « Napoléon n’était pas plus « raciste » que ses contemporains pour qui la question de l’esclavage n’était pas prioritaire. » (p. 381)

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Biographies Recensions

Brejnev

Éditeur : Perrin (28 janvier 2021)
Langue : Français
Broché : 400 pages
ISBN-10 : 2262070210
ISBN-13 : 978-2262070212
Poids de l’article : 470 g
Dimensions : 14.1 x 3 x 21.1 cm

Les plus jeunes n’ont pas connu Leonid Brejnev ; pour eux, il n’est qu’un nom dans les livres d’histoire. Les autres se souviennent que Brejnev était le secrétaire général du Parti Communiste de l’Union Soviétique (PCUS) dans les années 1960-1970. L’auteur distingue les deux champs d’action de l’ancien Secrétaire Général. Au plan diplomatique, de concert avec des présidents américains, il initia la politique de la détente, rendant la guerre nucléaire de plus en plus improbable. Ses relations avec les chefs d’Etat occidentaux furent généralement bonnes, chacun s’accordant à trouver le Soviétique patelin et bonhomme. Là où le bât finit par blesser  relevait du domaine intérieur. Sous Brejnev, le ver était dans le fruit. En face de secteurs performants (armement, recherche spatiale) il existait trop de domaines défaillants (produits de consommation, industrie légère…) qui finirent par plomber définitivement le système. Ce Brejnev donne à voir un homme plutôt actif, plein de bonne volonté, mais dépassé par les signes de la débâcle qui mena à la chute du système en 1989.

Andreï Kozovoï, Brejnev, Perrin, 2021, 459 pages, 24 €

L’extrait : « Les Russes regrettent en réalité moins Brejnev  que son époque, synonyme de stabilité et de rayonnement dans le monde. » (p. 413)

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Histoire Recensions

Charles le Téméraire

Éditeur : Perrin (5 février 2015)
Langue : Français
Broché : 480 pages
ISBN-10 : 2262043027
ISBN-13 : 978-2262043025
Poids de l’article : 660 g
Dimensions : 15.6 x 3.7 x 24.1 cm

Qui, dans les jeunes générations, connaît encore la vie du flamboyant duc de Bourgogne, le « grand-duc d’Occident », Charles le Téméraires (1433-1478) ? Les plus âgés, se remémorant des souvenirs d’école, ont peut-être gardé à l’esprit ces images où se faisaient face à face le flamboyant Charles et le tortueux Louis XI. D’un côté le matamore à l’imagination débordante, attifé comme un satrape oriental ; de l’autre, un roi perfide, ennemi du luxe et de forfanterie, tissant sa toile pour mieux étouffer son ennemi. On sait comment s’acheva cette inexpiable lutte : par la mort du duc au siège de Nancy, son ultime défaite, celle qui devait précipiter l’écroulement définitif de cette construction hétérogène et mal agencée qu’étaient les Etats bourguignons, l’ancienne Lotharingie, couvrant l’espace situé entre le Rhin et la Meuse, limité au sud par le duché de Bourgogne et le comté de Bourgogne. Avec le souci pédagogique qui est le sien, la sûreté de ses sources et l’intelligence du propos, Georges Minois a réussi là une biographie de bout en bout impeccable. Sous sa plume, ce qui paraît obscur s’éclaircit, le complexe devient plus simple.

Georges Minois, Charles le Téméraire, Perrin, 2015, 543 pages, 25€

L’extrait : « En dix ans, il (Charles le Téméraire) a réussi à anéantir un siècle de patients efforts de trois générations de ducs de Bourgogne. » (p. 507)

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Biographies Recensions

Pierre le Grand

Éditeur : Perrin (5 mars 2020)
Langue : Français
Broché : 500 pages
ISBN-10 : 2262048142
ISBN-13 : 978-2262048143
Poids de l’article : 560 g
Dimensions : 15.5 x 3.8 x 24.1 cm

La biographie que vient d’écrire Thierry Sarmant au sujet du grand tsar (1682-1725) donne à voir l’exemple type de l’autocrate réformant son pays au forceps. Arrivé au pouvoir, Pierre trouve une Russie arriérée, figée dans ses traditions. Voyageur curieux, il découvre, effaré, les différences qui existent entre un Occident à la pointe de la modernité et une Russie aux structures largement médiévales. C’est cet écart qu’il n’aura de cesse de combler, par la force, quitte à être impopulaire en bouleversant des traditions séculaires. C’est à un rythme effréné que Pierre multiplie les changements, suscitant de multiples oppositions dans la noblesse et le peuple, critiques que l’autocrate fait taire par la force si la persuasion ne suffit pas. Thierry Sarmant donne à voir une personnalité plus complexe que ne le laisse supposer le physique du tsar : un géant (2 mètres !) pour l’époque. L’œuvre réformatrice du tsar est si gigantesque que l’auteur le place du côté de grands réformateurs, par exemple l’empereur Meiji au Japon et  Mustapha Kemal en Turquie. Une solide biographie.

Thierry Sarmant, Pierre le Grand, Perrin, 2020, 557 pages, 26€

L’extrait : « C’est bien par ses réformes intérieures plutôt que par ses campagnes ou ses conquêtes que Pierre tient une place exceptionnelle dans l’histoire. » (p. 426)

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Biographies Recensions

Jeanne d’Arc

Éditeur : Perrin (10 septembre 2020)
Langue : Français
Broché : 432 pages
ISBN-10 : 226206394X
ISBN-13 : 978-2262063948
Poids de l’article : 680 g
Dimensions : 15.5 x 3.5 x 24.1 cm

Comme disait Péguy, la République, c’est notre royaume de France. Il voulait dire : soyons fiers de l’héritage légué par nos anciens et nos héros, peu importe le régime. Parmi ces derniers, la Pucelle d’Orléans occupe une place de choix. Dès le premier chapitre de ce Jeanne d’Arc, chapitre relatant la délivrance d’Orléans, le lecteur ne peut être manqué d’être frappé par le charisme de cette toute jeune inconnue. Elle est là, au milieu de soldats, souvent frustres, des chefs de guerre qui en ont vu de toutes les couleurs. Elle en impose par sa conduite et sa piété. Par son charisme, elle impose le respect à des soudards plus habitués à trousser les jeunes filles qu’à leur obéir. Autre trait frappant chez Jeanne : son intelligence et sa finesse, étonnante de la part d’une personne illettrée. L’auteure donne peut-être la clé de la personnalité de Jeanne en la décrivant ainsi : «Jeanne, à sa manière, est une femme libre. Libre et vertueuse. Pieuse sans être dévote, simple sans être naïve, sensible et sportive, aimant la prière et les combats, c’est sans doute cet assemblage des contraires qui la rend à la fois si proche et si singulière. » (p. 95)

Valérie Toureille, Jeanne d’Arc, Perrin, 2020, 425 pages, 24€

 

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Histoire Recensions

Charles Martel

Éditeur : Perrin (12 novembre 2020)
Langue : Français
Broché : 400 pages
ISBN-10 : 2262080658
ISBN-13 : 978-2262080655
Poids de l’article : 600 g
Dimensions : 15.5 x 3.1 x 24.1 cm

Il faut s’appeler Georges Minois pour oser s’atteler à la biographie d’un personnage à propos duquel on ne sait à peu près rien. Les temps obscurs dans lesquels a vécu Charles Martel sont avares de documents ; « Le siècle 650 – 750 est un désert culturel, un creux dans le chemin de la civilisation occidentale… », précise l’auteur (p. 118). En conséquence, il fallait tenter une autre approche, une autre démarche : « cerner le personnage en question à partir de son environnement » (p. 13). L’auteur dégage l’esprit de cette terrible époque, ses élites rapaces, un certain recul civilisationnel, un christianisme mal assis, un clergé médiocre, etc. Par son charisme, sa personnalité, ses capacités militaires, Charles Martel s’impose comme l’homme fort de l’Occident. Guerrier redouté, il unifie le monde franc, s’appuyant sur la papauté et les missionnaires pour propager à coups d’épée la civilisation et le christianisme. L’auteur démontre qu’en vainquant les Arabes à Poitiers C. Martel n’avait pas en tête l’idée de la guerre sainte, laquelle est venue bien après. Ce Charles Martel est un grand livre d’histoire.

Georges Minois, Charles Martel, Perrin, 2020, 374 pages, 23€